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Le mardi 15 septembre 2009, une réunion interministérielle s’est tenue dans la salle de conférence du Ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales pour faire le point de gestion des sinistres liés aux inondations au Mali.

 

Sous la présidence du Général Kafougouna KONE Ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, en présence du Ministre de l’Elevage et de la Pêche, du Ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection Civile, du Ministre de l’Equipement et des Transports, du Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, du Ministre de la Défense et des Anciens Combattants, du Ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, du Ministre du Développement Social de la Solidarité et des Personnes Agées.

 

A cet effet, l’exposé du Général Kafougouna KONE sur l’état de la question se présente comme suit :

 

 

Dans le cadre des dispositions édictées par le Gouvernement lors de sa réunion présidée par le Premier Ministre sur l’imminence des risques potentiels d’inondations et autres sinistres pouvant survenir au courant des mois d’août et septembre 2009 et suite aux conditions climatiques favorables, le Gouvernement a enclenché à travers le Comité National de Veille le dispositif de prévention et de gestion des risques. Le Comité National de Veille composé des Secrétaires Généraux des Départements Ministériels impliqués, a tenu plusieurs réunions pour évaluer la situation de l’année 2008, définir les mesures à prendre pour faire face aux premiers cas d’inondation survenus en 2009 (Dallah dans la région de Mopti), dynamiser les Comités Régionaux, Locaux et Communaux, mettre en place le dispositif d’intervention et de secours éventuels.

 

Ainsi à l’issue des réunions tenues les 07 août et le 11 septembre 2009, le Comité de veille, sur la base des informations de sinistres fournies par les comités régionaux a instruit les différents Départements Ministériels de procéder à l’allocation de secours d’urgence conformément aux critères et mécanismes déjà adoptés lors de la campagne 2008. Il a remembré la cartographie des zones à risque et proposé une réallocation des appuis financiers.

 

Il a établi la situation des cas des sinistres à l’issue de l’exploitation des informations parvenues sur les dégâts causés par les inondations et autres calamités ainsi qu’il suit :

 

 

 

* 25 morts et 2 disparus ;

* 13 blessés ;

* 2052 ménages et 18 902 sinistrés ;

* 2563 concessions, chambres et cuisines endommagées ;

* 24 salles de classes détériorées ;

* 274 latrines hors d’usage ;

* 2 tentes déchirées ;

* 100 chameaux ;

* 83 bovins ;

* 59 ânes ;

* 136 ovins/caprins ;

* 466 volailles perdues ;

* 02 mosquées endommagées ;

* produits de 26 magasins commerciaux ou de stockages et de 02 banques céréales détériorées ;

* 582 ha de cultures inondées ;

* 131 tonnes de céréales perdues ;

* 2 550 000 FCFA emportés.

 

Le Comité a en outre dressé la situation d’appui complémentaire intervenue à la date du 10 septembre 2009 suite à des cas d’inondations survenus et prescrit aux Départements Ministériels de mettre en œuvre le mécanisme de secours et d’intervention. Dans le cadre de la sécurisation des voies de communications, il a été instruit les Comités Régionaux de procéder aux contrôles des ouvrages de circulation, de franchissement pour identifier les dégâts causés, les évaluer et prendre les mesures provisoires de protection et de signalisation.

 

Dans le cadre du suivi de la situation, le Premier Ministre Chef du Gouvernement a présidé le 02 septembre 2009 une réunion interministérielle en vue d’examiner l’évolution de la situation. Après le compte rendu des membres du Gouvernement conviés à la réunion, le Chef du Gouvernement a prescrit les mesures suivantes :

 

* Renforcer les dispositifs de veille et d’intervention ;

* identifier et résoudre les difficultés ;

* suivre les entreprises en charge des travaux d’assainissement ;

* rendre effectif le fonctionnement des différents dispositifs.

 

En application de ces directives, le Comité de veille et d’intervention, pour soutenir les actions déjà engagées, recommande les mesures ci-après :

 

* l’allocation diligente des appuis financiers aux comités de veille aux différents niveaux, pour favoriser le secours d’urgence en prévision des précipitations fortes énoncées par la météorologie dans les périodes à venir.

* la surveillance des édifices situés dans les bas fonds et sur les voies d’eau, à des fins de construction de maisons d’habitation ;

* la poursuite du curage des caniveaux et collecteurs des réseaux de drainage et d’assainissement des villes et agglomérations ;

* le contrôle et la signalisation des ouvrages de franchissement sur les différents axes de circulation en vue d’éviter les accidents regrettables ;

* le renforcement des voies de drainage des eaux dans les zones agricoles et particulièrement dans des zones basses en vue d’éviter les inondations des cultures ;

* la sensibilisation continuelle des populations sur la nécessité :

o d’éviter de traverser les cours d’eau pendant les pluies et aussitôt après pour éviter les cas de noyades ;

o d’éviter de stationner ou de mener les activités dans les abords immédiats des cours d’eau à courant rapide ;

o d’éviter de se réfugier sous les arbres pendant une pluie accompagnée de grondement de tonnerre ;

o de renforcer les fondations des maisons construites en banco afin d’éviter les phénomènes d’infiltration des eaux de ruissellement ;

o la diffusion permanente des informations météorologiques afin d’assurer les protections des populations.

 

Le Ministre de l’Administration soumet à l’appréciation du Conseil des Ministres la situation des sinistres recensés, les appuis apportés aux populations et les mesures à mettre en œuvre pour faire face à la situation.

 

A cet effet, le Ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales a produit pour la circonstance la note note technique suivante.

 

OBJET :

 

L’objet de la présente note est de présenter de façon succincte la situation des cas d’inondations survenus du début de l’hivernage 2009 à la date du 9 Septembre, les mesures prises et celles en cours de réalisation.

 

II. ETAT DE LA QUESTION :

 

Les conditions climatiques du Mali, caractérisées par une courte période de pluie, mais abondante dans certaines localités, une longue saison sèche, des cours d’eau parfois débordants, l’exposent annuellement à des calamités liées aux pluies et aux inondations, avec pour conséquence des pertes d’animaux, la destruction de superficies emblavées, la destruction de l’habitat, une érosion massive du sol et des pertes en vie humaine, toutes choses qui ont des retombées négatives pour un pays dont l’économie est basée essentiellement sur le secteur rural.

 

Le comité de veille créé à cet effet, en rapport avec ses démembrements régionaux, locaux et communaux, reprend au début de chaque hivernage, ses travaux de veille et d’interventions sur la problématique. Ainsi, en 2007 et 2008, le Gouvernement du Mali a investi respectivement 3 058 202 375 FCFA et 112 000 000 FCFA pour faire face à la demande en céréales, produits sanitaires, restauration d’ouvrages, effets divers, etc.

 

En 2009, le Comité de veille des Secrétaires Généraux de certains ministères impliqués dans la gestion des inondations, au terme de trois réunions tenues en Août et Septembre, a réparti le territoire national en cinq (5) zones de vulnérabilité, et fait le point des dégâts enregistrés et des actions de secours apportés aux sinistrés.

 

Faisant suite aux travaux du Comité de veille qui avait déjà tenu plusieurs réunions dont les recommandations avaient permis d’activer les Comités régionaux, locaux et communaux de veille et d’interventions, le Premier Ministre Chef du Gouvernement, a présidé le 02 Septembre 2009, une rencontre regroupant certains Ministres impliqués dans la gestion des inondations, en vue de faire le point de la situation. Il a saisi l’occasion pour donner des directives pouvant mieux orienter les futures actions à mener, notamment :

 

* le renforcement des dispositifs de veille et d’intervention ;

* l’identification des difficultés et des solutions ;

* le suivi rigoureux des entreprises en charge des travaux d’assainissement par le Ministère de l’Environnement et de l’Assainissement ;

* l’effectivité du fonctionnement des différents dispositifs, car, la tendance prévoit des fortes précipitations, particulièrement, dans les zones les plus vulnérables identifiées.

 

Dans le but de conforter la mise en application de ces instructions, le Comité interministériel a instruit le Comité National de veille d’évaluer les appuis que l’Etat doit apporter aux comités de veille aux différents niveaux, pour leur permettre de faire face aux urgences.

 

Ainsi, le Comité de veille et d’intervention a évalué les dégâts enregistrés, et engagé les actions d’assistance nécessaire à apporter aux populations sinistrées ainsi qu’il suit :

 

* Synthèse des dégâts : 25 morts, 2 disparus, 13 blessés ; 2052 ménages ; 18 902 sinistrés ; 2563 maisons ; 24 classes ; 274 latrines ; 2 tentes ; 48 cuisines, 100 chameaux ; 83 bovins ; 59 ânes ; 136 ovins/caprins, 466 volailles, 02 mosquées, 26 magasins ; 02 banques céréales, 582 ha de cultures inondées, 131 tonnes de céréales détériorées ; 2550 000 FCFA emportés et plusieurs marchandises.

* Synthèse des appuis apportés : En plus des actions de solidarité physique et de présentation de condoléances effectuées par les autorités administratives et politiques, de sensibilisation sur les mesures d’hygiène, d’hébergement des sinistrés par les comités de crise dans les écoles et le voisinage, l’appui matériel fourni en urgence a porté sur l’octroi de : 404 litres eau de javel ; 210 litres de grésil ; 200 comprimés de purification d’eau ; 77,5 tonnes céréales ; 5 cartons de savon ; 678 moustiquaires ; 2605 couvertures ; 35 tentes ; 2000 litres d’eau potable ; 15 cuisinières ; 6 050 000 FCFA d’appui financier aux sinistrés.

 

Les dégâts causés sur les routes et les ouvrages de franchissement, sont en cours d’évaluation et compléteront les informations disponibles.

 

III. RECOMMANDATIONS : Eu égard à la position actuelle du Front Intertropical (FIT) et à la remontée de la mousson, qui laissent présager la probabilité de voir l’hivernage se prolonger au-delà du mois de Septembre, le Comité de veille, dans le souci de privilégier la prévention, a fait les recommandations suivantes :

o mettre en place le plus tôt possible les appuis aux comités de veille, aux différents niveaux, pour favoriser la gestion de proximité des cas enregistrés et à venir, dès lors que la météorologie prévoit des précipitations fortes, dans les prochains jours, particulièrement dans la période du 9 au 13 Septembre ;

o poursuivre au-delà de l’hivernage les actions engagées par les Comités de veille, et surtout leur suivi régulier ;

o prendre des mesures pour interdire le lotissement des bas fonds, à des fins de construction de maisons d’habitation ;

o continuer le curage des caniveaux et collecteurs des réseaux d’assainissement des villes ;

o prendre des dispositions de drainage des superficies cultivées, particulièrement celles installées dans des zones basses ;

o vérifier tous les ouvrages de franchissement, dans le but d’éviter des accidents regrettables ;

o veiller sur le respect des normes dans la conception, la réalisation et le suivi de certains ouvrages de génie civil (routes, ponts, bâtiments, etc.) ;

o veiller à ce que les Collectivités territoriales et les services techniques régionaux et locaux appliquent rigoureusement les dispositions du Code domanial et foncier, des Schémas Directeurs d’Urbanisation, des Schémas Directeurs et Plans stratégiques d’assainissement des villes ;

o sensibiliser les populations sur la nécessité :

+ d’éviter de traverser les cours d’eau à l’approche ou aussitôt après une pluie ;

+ d’éviter de se réfugier sous un arbre pendant une pluie accompagnée de grondement de tonnerre ;

+ d’éviter que les eaux stagnent au pied des murs en banco, afin de ne pas fragiliser les fondations ;

+ de diffuser en permanence l’information météorologique, dans le but de renforcer la prévention.

 

Bamako, le 12 septembre 2009